ambiance dans les nouveaux bureaux
Etre mieux avec les autres

Comment les entreprises prennent soin de leurs collaborateurs

Vous ne vous sentez pas épanoui sur le plan professionnel car vous avez l’impression que votre travail ne comble pas vos besoins. Pas de panique, les choses sont en train de changer ! Comme nous l’avons abordé dans l’article Qu’est-ce que le bonheur au travail ?, les français ne sont globalement pas satisfaits de leur situation professionnelle mais nous allons voir que les entreprises ont pris la mesure du mal-être de leurs collaborateurs et cherchent à mettre en place des nouvelles stratégies pour inverser la tendance.

Au cours des dernières années, les entreprises ont mis en relation le bonheur de leurs collaborateur avec l’absentéisme et la productivité et voici ce qui ressort des études.

La prise de conscience

Bonheur et santé

Un salarié qui se sent un peu malade, même fiévreux viendra tout de même travailler, sauf s’il a perdu toute motivation pour son emploi. Il faut être conscient que surmenage et frustration conduisent les collaborateurs à tomber malade plus facilement. Par ailleurs, plus on est heureux, moins on est malade et on a d’ailleurs tendance à guérir plus rapidement. Cela se traduit logiquement par une baisse de l’absentéisme, ce qui entraînera un autre bénéfice : une équipe plus stable et par conséquent la performance collective sera plus importante vu que le travail sera effectué dans de bonnes relations. Il faut rappeler que l’absentéisme représente un coût très important pour les entreprises car il faut prendre en compte le coût de la personne absente mais aussi l’impact sur le travail des collègues, le remplacement éventuel, la perte de productivité…

Fin 2018 une étude de l’Institut Sapiens révèle que le manque à gagner pour les entreprises françaises s’élève à plus de 4 000€ par salarié et par an (soit 108 milliards d’euros par an), ce qui correspond à 17,2 jours d’absence et 4,7% de taux d’absentéisme. Si un tiers des cas correspondent à des causes dites « inévitables » (maladie, accidents du travail, congés maternité), les deux tiers restants sont directement imputés aux défauts de management (manque de considération, organisation défaillante, communication inadaptée, mauvaise gestion du temps, …).

Bonheur et productivité

Avez-vous déjà travaillé avec une personne qui ne sourit pas et passe son temps à se plaindre ? J’ai vécu cette situation. A force de fusions et réorganisations les collaborateurs d’une entreprise dans laquelle j’ai travaillé ont été usés physiquement et psychologiquement, nous avons été affectés par le manque de communication qui a conduit à des rumeurs en tout genre, par le sort des personnes que l’on a vu être mises au placard, voire poussées vers la sortie sans ménagement. Nos fiches de postes ont été remaniées pour que l’on devienne plus « spécialisé » ce qui a conduit à réduire notre champ d’intervention et donc à vider notre fonction de tout intérêt. Les remaniements en matière d’organigrammes ont fait fondre nos perspectives d’évolution comme neige au soleil. Inévitablement le moral et la motivation ont baissé. Ajoutez à cela un travail en open-space et je vous laisse imaginer le résultat. Il suffit parfois d’une personne « négative » dans une pièce pour contaminer toutes les autres alors si en plus les autres sont fébriles …

Et pourtant, un collaborateur qui se sent bien sera naturellement plus impliqué dans son travail, il montrera plus d’énergie et de concentration, il deviendra plus créatif et pourra se montrer force de proposition pour contribuer à la réussite et participer au développement de son organisation. Il saisira également plus facilement des opportunités, se montrera plus coopératif avec ses collègues. Visualisez une équipe de collaborateurs heureux, la synergie se retrouve décuplée on obtient une meilleure performance et donc une meilleure productivité, et il n’est pas difficile de comprendre l’impact d’une meilleure productivité sur le résultat financier d’une entreprise, sur sa compétitivité et également sur la satisfaction des clients.

Par ailleurs les collaborateurs épanouis se projettent, s’engagent sur le long terme et font baisser le taux de turnover qui lui aussi a un coût important pour les entreprises : coût du départ (charges administratives, perte de productivité, perte de compétences, impact sur l’équipe, …), mais aussi coût de remplacement (frais de recrutement, temps passé pour les entretiens, …) et coût d’intégration (charges administratives, coût de formation, temps d’apprentissage, perte de productivité, …).

Une personne heureuse étant donc moins absente et 12 à 15% plus productive, les entreprises ont tout à gagner à s’intéresser au bonheur de leurs collaborateurs et à les fidéliser. Par ailleurs, le marché économique et les métiers étant en perpétuel changement notamment du fait de l’évolution des nouvelles technologies, l’adaptabilité des entreprises devient fortement dépendante de l’adaptabilité de leurs collaborateurs. Du coup les organisations ont commencé à placer l’humain au cœur de leurs préoccupations, dans une démarche plus stratégique qu’humaniste bien entendu, mais c’est le résultat qui compte.

Les changements qui s’opèrent

Un nouvel environnement de travail

Les entreprises, probablement inspirées par les startups américaines aux ambiances colorées, funs et décontractées, ont commencé par revoir l’aménagement de leurs locaux ainsi que les services proposés à leurs salariés.

C’est comme cela que dans ma précédente entreprise ont été organisés des cours de sophrologie entre midi et deux, un babyfoot a été installé, des paniers de fruits frais ont été mis à disposition. Dans d’autres entreprises c’est une table de ping-pong, des cours de yoga ou méditation, des salles de sieste, des salles de sport, des plantes vertes, des espaces détente dédiés au bien être des collaborateurs, des conciergeries, … Des professionnels de la qualité de vie au travail sont même recrutés : les « Happiness Manager » ou « Chief Happiness Officer » qui sont chargés de créer les conditions optimales de travail au sein de l’organisation.

L’environnement de travail c’est important mais les solutions que nous venons de voir, bien que ce soit un très bon début, ressemblent plus à un joli pansement qu’au réel traitement de la plaie. Elles ne suffisent pas. Les organisations les plus engagées ont commencé à résoudre les vrais problèmes de fond : les problèmes organisationnels et managériaux.

L’évolution du management

Le management devient bienveillant en commençant par cesser de considérer les salariés comme des personnes oisives et fainéantes, par arrêter de penser que le manager est là pour commander, contrôler et réprimander, et que montrer de la gratitude signifie octroyer une prime ou une augmentation de salaire.

Le manager bienveillant base la relation de travail sur la confiance, le respect et l’écoute, la démarche devant être sincère bien entendue.

  • Il est proche de son équipe en se rendant disponible pour chacun et en écoutant activement (sans regarder son smartphone, …) et avec empathie. Il sait proposer des conseils, trouver des solutions aux difficultés rencontrées, qu’elles soient professionnelles ou personnelles car le manager veille au respect de l’équilibre vie pro/perso. Il réagit rapidement et efficacement en cas de conflit (il ne laisser pas la situation s’envenimer). Il est un véritable soutien, une aide pour le collaborateur. Il organise des réunions pour parler des objectifs, faire des feedbacks, … (des réunions avec ordre du jour et timing prédéfinis, pas la « réunionite aigue qui fait perdre du temps à tout le monde). Les collaborateurs n’ont pas peur de s’exposer à des moqueries quand ils posent des questions ;

« Il faut écouter ceux qui parlent si on veut en être écouté »

La Rochefoucauld – écrivain et moraliste français (1613 – 1680)
  • Il montre de la confiance en donnant plus d’autonomie à ses collaborateurs notamment sur la souplesse des horaires de travail (faciliter les absences ponctuelles pour impondérables, permettre le télétravail, …), en leur proposant plus de responsabilités ce qui est (c’est l’occasion d’offrir des challenges, une possibilité de sortir de la zone de confort et surtout de ne pas s’installer dans la routine), en les laissant prendre des initiatives et en prenant en considération l’avis de chacun. C’est également l’opportunité de découvrir les points fort de chacun et d’identifier les potentiels;
  • Il fixe des objectifs clairs, cohérents et atteignables pour stimuler et motiver les membres de son équipe. Il propose si possible des plans d’action (formation, dates jalon, …) et fait un point régulier sur l’avancement. Il donne le droit à l’erreur (dans la mesure du raisonnable bien sûr) car c’est en se trompant que l’on apprend et on progresse ;

« Si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper aux arbres, il passera sa vie à croire qu’il est stupide »

Albert Einstein – physicien théoricien né en Allemagne (1879 – 1955)

« Celui qui déplace une montagne commence par déplacer de petites pierres »

Confucius – philosophe chinois qui a marqué sa civilisation car considéré comme le premier « éducateur » de la Chine (551 – 479 avant JC)
  • Il a un discours positif et sait donner de la reconnaissance : il encourage et félicite au quotidien (pas une fois par an lors du bilan personnel) pour valoriser chacun. S’il doit réprimander un collaborateur il le fait de façon discrète (dans un bureau fermé et non devant le reste de l’équipe) et avec des arguments factuels ;
  • Il adapte son discours selon chaque salarié (personnalisation) et donne du sens au travail de chacun : par la fiche de poste pour commencer mais également par l’explication du rôle de chacun dans la réussite de l’entreprise, chaque collaborateur sert un objectif en réalisant un travail utile pour l’organisation.

Le dossier « Comment les entreprises fidélisent leurs salariés ? » publié par le Parisien Supplément début 2019 cite également les démarches suivantes engagées par de nombreuses entreprises françaises (certifiées par le Top Employers Institute):

  • resserrer les liens avec et entre les collaborateurs notamment en favorisant les échanges (création de réseaux sociaux d’entreprise, organisation d’évènements, …), en favorisant la phase d’intégration des nouveaux salariés (petit déjeuner / repas, visite de l’entreprise, attribution d’un parrain). La démarche a notamment pour but d’accroitre la capacité à se projeter et par conséquent l’investissement, à bien visualiser le rôle de chacun et sa contribution à la performance globale de l’entreprise (sens, utilité), à faciliter l’adhésion aux valeurs de l’organisation ;
  • accompagner les changements notamment avec le « onboarding » qui consiste à permettre aux collaborateurs d’acquérir les connaissances, compétences et comportements nécessaires pour s’intégrer dans leur poste et leur organisation. Désormais la personnalité et le potentiel (appelé soft-skills : motivations, autonomie, envie de développer des aptitudes, capacité à chercher et résoudre les problèmes, l’esprit d’équipe, la rigueur, …) intéressent plus les entreprises que les compétences techniques (hard-skills) car les choses évoluent rapidement, les compétences deviennent obsolètes et la capacité d’adaptation fait toute la différence. C’est également l’opportunité pour eux de sortir de leur zone de confort et d’être en constant développement personnel. Des plans de développement individuel sont mis en place et suivis par les ressources humaines ce qui passe par des formations et par la mise en place de nouveaux outils. La mobilité interne est facilitée ;
  • donner plus d’autonomie (méthode appelée « empowerment »)et un plus grand pouvoir de décision pour motiver et impliquer les collaborateurs, ce qui a pour effet de briser la routine et stimuler les innovations ;
  • miser sur l’amélioration continue en faisant participer les collaborateurs à la création de valeur ;
  • avoir des formations et avantages sociaux efficaces et de qualité (on retrouve ici les cours de yoga, conciergerie, salle de sport…).

Il y a donc une vraie prise de conscience de la part des entreprises et une volonté de se remettre en cause pour faire évoluer les pratiques dans le sens de plus de bien-être, compétitivité et résultats économiques obligent. Une relation gagnant-gagnant qui devrait nous rassurer. Alors, heureux(se) ?

Et vous ?

Quelle est l’ambiance sur votre lieu de travail ? Est-ce que votre entreprise a mis en place des choses sympas pour vous chouchouter ? Et côté management, comment ça se passe (promis on ne citera pas de noms 😉 ) ?

Author

angee.myblog@gmail.com

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